Un chouette café à Saint-Nazaire

February 13, 2017

Saint-Nazaire... Une de mes villes préférées, décidément ! Plus j'y vais et plus je la trouve intéressante.

Pourtant, elle fait partie de ces villes françaises "mal aimées". Un peu comme ma ville d'origine : Le Havre. 

Comme LH, elle se fait bombarder à plus de 80 pour-cent par les alliés, à la fin de la guerre 39-45, pour mettre à mal les occupants allemands. Toutes les villes reconstruites connaissent cette double peine : s'être fait bombarder violemment, et subir les moqueries et la condescendance des villes qui ont conservé leur "petit centre historique".

 

Dans le grand port de Saint-Nazaire, on construit des bateaux. Et on construisait les paquebots qui partaient ensuite du Havre pour un voyage transatlantique. 

 

Outre la qualité de me rappeler ma ville d'enfance, Saint-Nazaire pour moi c'est : les étonnants vestiges de la guerre - notamment cet énorme blockaus sur le port, à la fois étrange et impressionnant ; la mer et ses sublimes couleurs ; l'Art, omniprésent-sur les bâtiments, dans la rue, donnant une seconde vie aux ruines du port ou de la guerre ; Saint-Nazaire c'est une ville qui ne se la raconte pas, et qui séduit avec son charme un peu maladroit.

Je n'avais en fait absolument pas prévu d'écrire un article sur le bar dont je vais vous parler.

Ce qui est idiot, c'est que je ne me rappelle pas de son nom ! Je me souviens juste qu'il se situe rue de la Paix, juste en face de la pizzéria "le Rialto".

 

Quand vous irez (qui sait...) dans ce lieu, vous vous direz : "Hein ? Elle a vraiment écrit un article sur ça ?"

En fait, oui, j'ai décidé d'écrire sur ce bar à la devanture moyennement avenante et à l'enseigne un peu rouillée. D'abord parce que j'y ai passé un excellent moment, et ensuite parce que le patron de ce "café" -comme il dit- m'a beaucoup touchée. 

 

Il m'a en effet fait prendre conscience que des endroits comme ça, il fallait en profiter : selon lui, il n'en restera probablement plus du tout d'ici quelques années.

En fait, si vous allez dans ce bar, vous vivrez un moment déjà d'un autre temps, un entre deux époques, empli d'une poésie un peu triste, nostalgique avant l'heure : une sensation rare et grisante. 

"Avant, tout le monde allait au café, on passait sa vie au café".

 

Le patron est un très gentil monsieur au regard bienveillant, aux yeux très bleus.

Il est 20h, et il range déjà les chaises autour de nous.

Reconnaissante d'avoir passé un bon moment, et sentant une pointe d'amertume chez le bonhomme, je tente un : "Merci, votre bar est super sympa, on y était bien".

Les yeux bleus me sourient.

 

Qu'est-ce qui a tué les cafés ? Selon le patron, les premiers fautifs sont les nouveaux moyens de communication.

"Avant, pour avoir les résultats d'un match, vous veniez au café. Aujourd'hui, vous les trouvez tout de suite sur votre téléphone, sur internet".

Loin de moi l'idée de faire un article réactionnaire, anti nouvelles technologie, vieille France. D'ailleurs, j'écris sur "un blog", une plateforme qui n'existe que sur internet et sur un ordinateur ou un téléphone.

 

J'avais juste envie de rendre hommage au temps dont parle ce monsieur, celui où son café était un lieu de vie à toutes les heures de la journée, avant le travail, après le travail, pour les gens du quartier mais aussi pour les touristes. 

Aujourd'hui, il est triste parce que dans une journée, il ne sert plus autant de cafés et de bières : les temps sont devenus rudes pour lui et les cafés comme le sien. 

 

A 20h, il range, parce qu'il sait qu'il n'y aura plus de clients après nous.

Et pourtant, quel swag ce café !

Des lanternes électriques vissées au mûr, une tapisserie à motifs sombres et vintages, la radio à toute blinde et trois hommes au bar sirotant une bonne pinte.

En pression, pas beaucoup de choix : le patron nous propose soit une leffe soit une 1664.

Il nous amène des chips. 

 

Le charme désuet du lieu, la rumeur de la radio et des discussions des trois hommes, l'alcool qui monte doucement, mon corps qui se réchauffe après une balade revigorante dans les recoins les plus étranges du port (cf photos) : tout est réuni pour que la charme opère.

Monsieur le patron du café, je ne sais pas si vous lirez mon blog ! Allez-vous sur internet parfois ? 

 

Chers lecteurs, allez dans ce café si vous allez à Saint-Nazaire ! Pour trouver, c'est facile :

C'est juste à côté du Ruban bleu, le centre commercial à côté du blockaus. Trouvez la rue de la Paix, et Monsieur aux yeux bleus tient son café juste en face de la pizzéria.

Ok ?

Mais faites vite : dans deux ans Monsieur aux yeux bleus part à la retraite...

 

 

 

 

 

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